“In Tagli Ripidi” su Illustrati n.43 – Gaia

Con piacere condivido la prima recensione al mio ultimo libro apparsa sul n.43 della bellissima rivista “Illustrati” a firma di Francesca Del Moro.

Alessandro Brusa, In tagli ripidi (nel corpo che abitiamo in punta), Giulio Perrone editore, 2017

In questo nuovo libro, uscito a circa quattro anni dal primo volume di poesia, La raccolta del sale, Alessandro Brusa porta avanti il suo percorso di ricerca attraverso la parola, indagando la propria esistenza in quanto essere umano in senso universale e la molteplicità delle relazioni, degli equilibri e dei conflitti che la caratterizzano.

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Terre à Ciel (France) – Aprile 2015

Anche la rivista francese “Terre à Ciel” mi ha fatto l’onore di ospitare alcune mie poesie tratte da “La Raccolta del Sale” (Giulio Perrone Editore) e tradotte dalla bravissima Silvia Guzzi.

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Note de lecture sur La Raccolta del Sale, par Guido Selvatici, parue en italien dans la revue italienne « La Piè » (mars 2014) – note de lecture inédite en français, traduite par Silvia Guzzi*

Soudaine, émotive, presqu’en lien magique avec toute analyse de lecture, la poésie d’Alessandro Brusa effleure, sans la moindre hésitation, l’éternel traumatisme, le théorème fatal de la calligraphie poétique.

L’écriture est un mouvement physique, tenace, infidèle. Un rituel qui annule les absences, en les métamorphosant. Elle semble les négliger pour mieux les posséder ensuite dans un geste d’équilibre féroce, presqu’incurable. Des signes résolus qui filtrent le corps à mains nues (« … mes pensées jouent souvent faux / et les chambres de mon temps / je les ai grand ouvertes en hurlant des mots déplaisants… »). Il n’y a plus qu’à lire, à entrer dans les mots, à essayer de comprendre. Et enfin, dans un contraste qui vole le temps, à écouter. Cette voix qui se laisse écouter, sans fragilité ni compromis, est une voix autre. Une poésie autre. Loin des mots soignés mais sans nerf, loin des écritures faussées par de tristes imitations. Entendons-nous, chaque artiste est par nature une éponge qui absorbe – inévitable dette – l’art qui le précède. Les correspondances syntaxiques et du corpus avec les auteurs du passé est un gage sain et dû qui enrichit toute identité d’une langue renouvelée, qu’elle soit composition musicale, peinture ou écriture. En cela, Alessandro Brusa, si j’en crois ses propres confidences, ne fait pas exception à la règle.

Avec courage et habileté, il brave la structure de ses multiples chambres, il amarre les interphrases, à la respiration plus courte en apparence seulement, qui reflètent l’agencement lyrique de l’un de ses poètes de référence, le Percy Bysshe Shelley de Field Place. Mais l’influence de ce dernier, malgré ce clin d’œil volontaire, ne va pas plus loin car la poésie d’Alessandro Brusa ne chemine pas le long des mêmes thèmes, elle gravite autour d’un monde très différent qui l’habite avec force et le hante de questions pressantes. Dans cette sorte de dépaysement qui rarement l’abandonne, son parcours poétique sait être à l’unisson doux et féroce. Il a le courage de se salir les mains, de pétrir les mots comme on pétrit la terre, pour mieux les accueillir et respirer jusqu’à se noyer dans les blessures du temps qui n’appartiennent qu’à lui seul, railleur, profond et sensible aux controverses des moindres abandons. Son écriture est « autrement » forte et tourmentée, parfois volontairement impudente (parce que je ne sais pas la dire cette vie / ajoutée que je te lance à la figure). Brutal envers lui-même, il ne l’est jamais envers celui qui sait accueillir cette poésie ferme et haletante à la fois. Celui qui sait le lire alors même qu’il lacère son monde dans une morsure impénétrable et pourtant consciente. Il arrive enfin, dans les moments les plus sombres, que la parole se plaque et trouve soudain la paix.